Je me demande si j'ai le droit de me sentir mal d'avoir quitté quelqu'un de 'bien'
Samedi, 22h38. Les enfants dorment depuis longtemps maintenant et j'ai cette pensée qui revient — celle que je repousse pendant la journée quand il y a trop à faire. On me dit souvent que j'ai eu de la chance. Que c'est un bon père, qu'il n'a jamais levé la main, qu'il gagnait bien sa vie. Et c'est vrai. Tout ça est vrai. Alors pourquoi je me sens coupable de l'avoir quitté? C'est pas qu'il était méchant. C'est juste... on s'est perdus. Ou moi, je me suis perdue en lui. Et un jour j'ai réalisé que j'avais arrêté de reconnaître la personne qui me regardait dans le miroir. Le problème c'est que la culpabilité ne raisonne pas. Elle dit: tu as tout sacrifié pour une abstraction. Tu aurais pu rester. Ça aurait été plus facile pour les enfants. Ça aurait été plus facile pour tout le monde sauf pour toi. Et il y a des nuits où je suis pas certaine que c'était la bonne décision. Mais il y a aussi des matins où je respire différemment. Je sais pas si c'est de l'égoïsme ou de l'amour-propre. Je sais juste qu'on peut pas construire une vie entière sur la culpabilité de ne pas être restée dans quelque chose qui étouffait.